Le cancer de la peau et l’obésité partagent un lien génétique

“Un gène précédemment démontré être lié à l’obésité peut également augmenter le risque d’une forme mortelle de cancer de la peau”, rapporte BBC News. Les nouvelles proviennent d’une étude portant sur les facteurs génétiques associés au mélanome malin, la forme la plus grave de cancer de la peau.

L’étude a porté sur les polymorphismes mononucléotidiques (SNP), qui sont des variations d’un seul nucléotide, ou «lettre», de l’ADN. Certains SNP peuvent avoir un effet significatif sur la santé humaine et le développement.

Les chercheurs ont découvert que plusieurs SNPs trouvés dans une région du gène FTO sont associés à un risque accru de mélanome. Des recherches antérieures ont montré que certaines variations du gène FTO pouvaient être liées à l’obésité et à l’indice de masse corporelle (IMC), car les souris ayant ces variations avaient tendance à trop manger. Cependant, les SNP identifiés dans cette étude étaient dans une région différente du gène FTO et ne sont pas associés à l’IMC.

Cette recherche intéressante suggère que le gène FTO est associé à plus que l’IMC. Cependant, nous ne pouvons pas dire si les variations contribuent réellement au mélanome, ou comment.

Quelle que soit votre génétique, le facteur de risque le plus important et le mieux établi pour le mélanome (et autres types de cancer de la peau) reste la surexposition à la lumière solaire et aux sources artificielles de lumière UV, comme les lits de bronzage et les lampes solaires. En savoir plus sur la réduction de votre risque de mélanome.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs internationaux dans le cadre du Melanoma Genetics Consortium et a été financée par un certain nombre de sources dont la Commission européenne, Cancer Research UK, le Leeds Cancer Research UK Center et les US National Institutes of Health.

Il a été publié dans la revue à comité de lecture Nature Genetics.

La BBC et le Daily Mail ont couvert la recherche avec précision.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Il s’agissait d’une étude de cas-témoins où les chercheurs ont analysé les génomes de personnes ayant développé un mélanome (les cas) et les génomes de personnes sans mélanome (les témoins).

Le but de la recherche était de déterminer si les changements dans une base d’ADN appelés polymorphismes mononucléotidiques (SNP) étaient plus fréquents chez les personnes atteintes de mélanome.

Ce type d’étude met en évidence l’association entre le mélanome et certains SNP et d’autres variants de l’ADN, mais il ne peut pas prouver que ces variations entraînent un risque accru de développer un mélanome.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont analysé les SNP de personnes d’origine européenne chez 1 353 personnes atteintes de mélanome et 3 566 personnes sans mélanome. Ils espéraient identifier les SNP associés au mélanome.

Les chercheurs ont ensuite cherché à voir si les SNP qu’ils identifiaient comme étant associés au mélanome étaient également associés à un mélanome dans un autre groupe de cas et de témoins (le groupe de réplication). Ils ont reproduit leurs résultats dans 12 314 personnes atteintes de mélanome et 55 667 personnes sans mélanome d’Europe, d’Australie et des États-Unis qui avaient une ascendance européenne.

Comme le SNP identifié par les chercheurs était situé dans une région du gène FTO associée à l’obésité, les chercheurs ont ensuite cherché à voir si l’association existait encore après ajustement pour l’IMC. C’était ainsi qu’ils pourraient exclure la possibilité que l’obésité contribue au développement du mélanome, et pas d’autres variantes du gène FTO.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont initialement identifié trois SNP dans le gène FTO qui étaient significativement associés au mélanome.

Un SNP (rs16953002) a été associé à une augmentation de 32% des chances de mélanome (odds ratio (OR) 1,32, intervalle de confiance à 95% (IC) 1,17 à 1,50)

Ce SNP était également associé à un mélanome dans le groupe de réplication de 12 314 personnes atteintes de mélanome et de 55 667 personnes sans mélanome (OR 1,14, IC à 95% de 1,09 à 1,19).

SNPs dans une partie différente du gène FTO ont été associés à l’obésité. Cependant, les chercheurs n’ont trouvé aucune association significative entre rs16953002 et BMI chez les personnes impliquées dans cette étude, et l’association entre rs16953002 et mélanome existait même après l’ajustement de l’IMC.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs concluent qu’ils ont identifié une nouvelle région du génome associée à un risque accru de mélanome.

Cette nouvelle région était dans le gène FTO. Bien que des variations de ce gène aient déjà été associées à l’IMC, les variations identifiées dans cette étude se situaient dans une région différente du gène et n’étaient pas associées à l’IMC. Cela suggère que FTO pourrait avoir une fonction plus large que ce que l’on pensait initialement.

Conclusion

En comparant les génomes de personnes atteintes de mélanome avec les génomes de personnes sans mélanome, cette étude a identifié des variations dans une séquence d’ADN associée à un risque accru de mélanome.

Cependant, cette recherche ne nous dit pas si les variations du gène contribuent réellement au mélanome. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer comment les variations de ce gène pourraient jouer un rôle dans le mélanome.

En savoir plus sur la génétique impliquée dans les conditions offre la possibilité de découvrir de nouveaux traitements pour eux, c’est donc une recherche précieuse.

Quelle que soit votre génétique, le facteur de risque le plus important et le mieux établi pour le mélanome et d’autres cancers cutanés moins mortels reste l’exposition aux rayons UV – à la fois la lumière naturelle et les sources artificielles de lumière, comme les lits de bronzage.

Les moyens efficaces pour réduire le risque de développer un mélanome comprennent éviter l’exposition au soleil lorsqu’il est le plus chaud (généralement entre 11 h et 15 h), s’habiller judicieusement au soleil, utiliser un écran solaire et ne jamais utiliser de transats ou de lampes solaires.