Est-ce que clignote un signe d’une «sieste cérébrale»?

Le Daily Mail suggère que la raison pour laquelle nous clignotons est que nos cerveaux peuvent “éteindre” et faire une “petite sieste”.

L’histoire est basée sur la recherche de seulement 20 adultes en bonne santé au Japon, regardant comment le clignement naturel se rapporte à l’activité cérébrale. L’étude a révélé que lorsque ces personnes clignaient des yeux en regardant un clip de l’émission de télévision “Mr Bean”, il y avait une réduction de l’activité dans les zones du cerveau impliquées dans l’attention aux stimuli externes (comme le clip vidéo).

Il y avait une augmentation correspondante de l’activité dans certaines régions du cerveau qui font partie de ce qu’on appelle le réseau en mode par défaut. Notre réseau en mode par défaut est supposé devenir actif lorsque nos pensées se tournent vers l’intérieur et nous ne concentrons plus notre attention sur une tâche externe.

Cette recherche intéressante suggère que le fait de clignoter peut aider notre cerveau à désactiver brièvement notre attention en activant le réseau en mode par défaut, tout en réduisant l’activité dans d’autres domaines. Cela ne suggère pas que tout notre cerveau «s’éteint», ce qui n’est pas possible chez une personne vivante.

Le cerveau est incroyablement complexe, et bien que cette étude puisse aider à fournir des indices sur ce qui se passe dans le cerveau lorsque nous clignotons, et pourquoi, pris isolément, il ne peut pas encore fournir une compréhension complète du clignement et de l’activité cérébrale.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université d’Osaka et de l’Institut national des technologies de l’information et de la communication (NTIC) au Japon. Il a été financé par le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie du Japon et par l’Institut national des technologies de l’information et des communications (NTIC).

Il a été publié dans les Actes de la revue de la National Academy of Sciences des États-Unis d’Amérique (PNAS).

Le Daily Mail a fourni une couverture raisonnable de cette étude, bien que la suggestion de leur titre que nos cerveaux «s’éteignent» en clignotant est incorrecte – il y a seulement une réduction momentanée de l’activité dans des zones spécifiques du cerveau.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Il s’agissait d’une étude expérimentale visant à déterminer si l’activité cérébrale change quand une personne clignote. Les chercheurs rapportent que nous clignotons beaucoup plus souvent que nécessaire si le clignotement était uniquement conçu pour lubrifier nos yeux. Cela soulève la question de savoir pourquoi nous clignotons tellement.

Les chercheurs disent que le clignement des yeux a tendance à se produire lors de pauses naturelles dans l’attention, comme à la fin des phrases lors de la lecture, des pauses dans la parole, et des moments dans les films où il se passe moins. Ils ont donc voulu tester si le clignotement pourrait être un moyen de libérer notre attention pendant que nous nous concentrons sur une tâche mentale.

Les cerveaux des volontaires ont été scannés et les activités dans les zones du cerveau liées à l’attention ont été surveillées pendant les épisodes de clignement pendant que les volontaires regardaient des clips vidéo. Cette étude donne une bonne indication si la théorie des chercheurs peut être correcte ou non, mais en elle-même, elle ne permet pas une compréhension complète des mécanismes complexes du cerveau liés à l’attention et au clignement des yeux.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont demandé à 20 volontaires adultes en bonne santé de regarder des extraits de l’émission télévisée «Mr Bean» tout en scannant leur cerveau en utilisant un scanner IRM fonctionnelle (IRMf) et en enregistrant leurs mouvements oculaires. Le balayage IRMf suit le flux sanguin dans le cerveau – l’augmentation du flux sanguin dans les zones du cerveau correspond à une activité neurale accrue dans ces zones, de sorte que les scans montrent quelles parties du cerveau sont plus actives à un moment donné.

Les volontaires ont vu des extraits de “Mr Bean” parce que des recherches antérieures ont montré que les personnes qui regardaient le spectacle clignaient des yeux à des moments similaires dans les pauses naturelles du clip.

Les chercheurs ont ensuite examiné les scintigraphies cérébrales et le moment du clignement des yeux pour voir si l’activité cérébrale changeait au moment où les volontaires clignaient des yeux. Ils ont spécifiquement examiné les zones du cerveau qui sont normalement actives lorsque nous faisons attention aux stimuli externes (le réseau d’attention dorsale) et les zones actives lorsque nous ne faisons pas attention à l’environnement externe, et que nos esprits peuvent être actifs mais traiter des informations en interne (le réseau en mode par défaut).

Ils ont également regardé ce qui s’est passé avec l’activité cérébrale s’ils ont obscurci l’écran brièvement à des points aléatoires pendant la vidéo. C’est parce qu’ils voulaient vérifier que les changements dans l’activité cérébrale n’étaient pas causés par une perte soudaine d’information visuelle, mais par l’acte physique de cligner des yeux.

Quels ont été les résultats de base?

Les bénévoles ont clignoté environ 17 fois par minute en moyenne pendant qu’ils regardaient la vidéo. Ils ont constaté que, peu de temps après que les volontaires aient cligné des yeux, ils ont constaté une réduction momentanée de l’activité dans le réseau d’attention dorsale et une augmentation momentanée de l’activité dans le réseau en mode par défaut.

Les mêmes changements dans l’activité cérébrale n’ont pas été observés lorsque l’écran a été temporairement éteint.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs disent que leurs résultats suggèrent que le clignotement nous aide activement à dégager notre attention pendant une tâche cognitive. Ils disent que cette théorie mérite d’être approfondie pour vérifier si elle est correcte.

Conclusion

Cette recherche intéressante suggère que le clignotement peut aider notre cerveau à désactiver brièvement notre attention en activant certaines zones du cerveau et en réduisant l’activité dans d’autres zones problèmes de peau chez l’enfant. La recherche ne suggère pas que tout notre cerveau «s’éteint», comme le suggèrent les manchettes.

L’étude n’a examiné que 20 adultes japonais en bonne santé, de sorte qu’elle n’est peut-être pas représentative de ce qui se passe chez les personnes d’âges différents ou qui sont malsaines. Les chercheurs disent que d’autres études de clignotement n’ont pas trouvé les mêmes modèles d’activité cérébrale. Ils suggèrent que cela pourrait être dû au fait que les autres études ont examiné le clignement d’yeux intentionnel et ont demandé aux volontaires de regarder des images simples plutôt que des vidéos. Cela indique que la relation entre le clignement et l’activité cérébrale peut varier dans différentes situations.

Le cerveau est incroyablement complexe, et cette étude chez quelques volontaires adultes en bonne santé aide à donner des indices, mais ne peut pas fournir une compréhension complète de ce qui se passe dans le cerveau lorsque nous clignons des yeux. Par exemple, il ne peut pas nous dire exactement comment le clignotement peut affecter l’activité cérébrale ou pourquoi ces réductions momentanées de l’attention sont importantes.

Cette étude de recherche sur le clignotement peut sembler un peu stupide (surtout qu’il utilise des clips de Mr Bean), mais en savoir plus sur la façon exacte dont le cerveau fonctionne dans la maladie et dans la santé est un objectif important en neurologie.