Chirurgie fœtale

La plupart des troubles diagnostiqués avant la naissance sont mieux gérés par un traitement après la naissance. Cependant, quelques maladies ayant des conséquences dévastatrices sur le développement peuvent bénéficier du traitement fœtal. L’intervention chirurgicale sur le fœtus humain a été réalisée pendant plus de deux décennies aux États-Unis, principalement dans deux centres. Récemment, la chirurgie fœtale est devenue une entreprise internationale, avec près d’une douzaine de centres dans le monde entier. Jusqu’à récemment, seuls les fœtus présentant des anomalies potentiellement mortelles étaient considérés comme candidats à la correction prénatale. Des interventions chirurgicales fœtales sont maintenant effectuées pour des conditions non létales. En dépit de l’expansion de la chirurgie fœtale, plusieurs considérations éthiques subsistent encore. Considérations éthiquesLe conflit fondamental dans la chirurgie fœtale équilibre les risques pour la mère et le fœtus contre les avantages potentiels pour le fœtus.1 Comme la mère est une spectatrice innocente dans son entreprise l’implication ne comporte que des risques. Une intervention majeure pour sauver la vie du foetus semble justifiée si les risques maternels peuvent être minimisés et si le fœtus est bien guéri.2,3 Si l’on peut minimiser le risque maternel en évitant l’hystérotomie et le risque de rupture utérine qui en découle, une amélioration plus mineure L’issue fœtale pourrait être tolérée. Des comités de surveillance fœtale ont été créés dans la plupart des centres de chirurgie fœtale pour agir à titre de comités consultatifs et d’assurance de la qualité multidisciplinaires. Ces comités examinent chaque intervention chirurgicale fœtale effectuée dans leur établissement. Ce domaine naissant est en grande partie auto-régulé grâce à l’engagement des personnes impliquées dans la Société Internationale de Médecine Fœtale et Chirurgicale. Les principes développés dans les années 1980 qui sous-tendent l’application clinique de la chirurgie fœtale restent largement inchangés: documentation de l’histoire naturelle de la maladie non traitée. application clinique, justification physiopathologique du traitement avant la naissance, démonstration de l’innocuité et de l’efficacité de la procédure fœtale dans un modèle animal approprié, et élaboration de critères de sélection d’inclusion et d’exclusion pour le traitement. Un travail de fond rigoureux a été accompli pour plusieurs anomalies pouvant faire l’objet d’une intervention chirurgicale fœtale.